Logement : Les atouts et les risques des travaux d’acquisition

MAISON Acheter un bien à rénover permet de le payer moins cher et de le modeler selon ses envies

J.P. pour 20 Minutes

La crise sanitaire a eu de nombreux impacts sur le marché immobilier… et pas toujours en mal. Après avoir passé des mois confinés dans des appartements urbains exigus, les Français ont placé l’aménagement de leur logement en tête de leurs priorités, quitte à entreprendre des travaux conséquents. Alors que 280.000 dossiers MaPrimeRénov’ ont été déposés au cours du premier trimestre 2021, cet engouement pour la rénovation s’observe également lors de l’acquisition d’un nouveau logement.

Un projet à son image

D’après un sondage OpinionWay réalisé au printemps pour le courtier en prêt Artemis Courtage et le studio digital d’architecture et de rénovation Hemea, 59 % des personnes interrogées se disent prêtes à acheter une résidence principale qui nécessiterait des travaux. Le chiffre grimpe à 72 % pour les acquéreurs de 25 à 34 ans. « C’est un projet de vie pour lequel on se projette sur plusieurs années, ce qui explique qu’on veuille l’adapter à son goût », explique Yann Depoys, directeur général d’Hemea.

Mais c’est aussi une véritable opportunité financière, notamment pour les jeunes primo-accédants, puisque les biens anciens à rénover coûtent moins cher à l’achat et pourront être revendus avec une belle plus-value si tout se passe comme prévu. L’envie de modeler son habitation à son image est d’autant plus forte depuis la crise sanitaire. Alors que le coin bureau n’est plus un luxe mais une nécessité, l’envie d’espace a déclenché d’importants déplacements vers les zones périurbaines, notamment en Île-de-France. Une tendance amenée à perdurer avec la démocratisation du télétravail.

Des travaux conséquents

« À l’heure actuelle, 1 bien à vendre sur 3 nécessite de toute façon une rénovation partielle sur le marché de l’ancien », rappelle Yann Depoys. En pratique, cela passe le plus souvent par la rénovation des revêtements de sol, des peintures, de la salle de bains et de la cuisine. Des travaux plus complets peuvent aussi porter sur les menuiseries, les fenêtres et l’électricité. L’étude d’Hemea évalue le budget moyen de chantier à 25.000 euros, avec de grandes disparités selon les régions et les tranches d’âge. L’enveloppe grimpe ainsi à 50.000 euros chez les 25-34 ans, démontrant une réelle stratégie immobilière tournée vers le sur-mesure. Plus globalement, « 80 % de nos clients font appel à nous pour réaliser des travaux au moment de l’achat, et on constate en général que 10 à 15 % du coût de l’acquisition sont investis dans les rénovations », poursuit l’entrepreneur.

Dans une telle situation, les particuliers sont confrontés à une double problématique : il faut non seulement évaluer au plus tôt l’enveloppe budgétaire du chantier, puisqu’elle peut conditionner l’offre d’achat, le tout en tenant compte des aides financières disponibles, mais aussi finaliser au mieux le projet de travaux entre le compromis et la vente définitive, afin d’emménager au plus vite.

De nombreuses agences immobilières travaillent en collaboration avec des artisans à même d’établir un premier devis. Des sites spécialisés en travaux de rénovation proposent également des simulateurs de coût en ligne. Le bon vieux bouche-à-oreille fonctionne par ailleurs beaucoup. Mais gare aux mauvaises surprises : 74 % des personnes interrogées par Hemea redoutent en effet les malfaçons​. S’y ajoutent les retards de chantier très fréquents, ainsi que les dépassements de facturation, qui peuvent atteindre entre 25 et 30 % du coût annoncé, selon Yann Depoys.

Pour limiter les risques, le premier réflexe doit être de multiplier les devis en ne se fiant jamais à une seule recommandation. Tout doit être détaillé et précis, afin d’éviter les ajouts ultérieurs. Pour des travaux d’ampleur, vous pouvez également vous faire accompagner par des spécialistes. Vous avez le choix entre des cabinets traditionnels d’architecture ou des intermédiaires.